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radicaux-socialistes

radicaux-socialistes

définition : radicaux-socialistes

Le Parti républicain, radical et radical-socialiste, plus communément appelé Parti radical ou Parti radical-socialiste, est le plus vieux parti politique français. Issu du radicalisme, il a été particulièrement influent pendant la Troisième République. Républicain, très attaché à la propriété privée et à la laïcité, anticlérical mais aussi farouche opposant au collectivisme prôné par les marxistes, partisan d'un régime douanier libre-échangiste, c'est un parti intermédiaire entre la gauche et la droite susceptible de s'allier aux socialistes ou aux conservateurs suivant les circonstances.

Les radicaux étaient considérés, aux débuts de la République, comme très à gauche face aux modérés, ralliés, orléanistes, bonapartistes ou légitimistes. Avec l'apparition des socialistes, ils occupèrent une position centrale et prédominante sur l'échiquier politique français.

La bipolarisation de la vie politique française entraînée par la conduit à une marginalisation du radicalisme qui se divise en 1971 entre un parti radical lié à la droite, et un autre lié à la gauche.

== Histoire == === Naissance du Parti républicain, radical et radical-socialiste ===

Les radicaux existent idéologiquement depuis le début du , avec de grandes figures politiques, comme Ledru-Rollin et Louis Blanc. Mais on pourrait facilement retrouver des traces de leur existence aux sources même de la Révolution, dans les Lumières, et principalement chez Voltaire et Condorcet. Le nom radical vient de ce que ce courant de pensée regroupait les Républicains radicaux, qui cohabitaient au Parlement avec les Républicains modérés, les Républicains ralliés et les trois courants monarchistes.

C'est le premier parti politique fondé en France (1901). Jusque-là, en effet, il n'existait que des groupes parlementaires de différentes tendances politiques et des comités électoraux locaux aux conceptions encore plus variées. L'idée était de réunir au niveau national, dans un même parti, des élus et des militants de même tendance.

À sa naissance officielle, le à Paris, le Parti radical hérite de cette tradition radicale qu’avaient portée de grandes figures politiques comme Gambetta ou Clemenceau. Avant même son apparition en tant que parti politique, le courant radical avait fourni à la République plusieurs grands serviteurs de l’État, sans oublier plusieurs Présidents du Conseil (Henri Brisson, Émile Combes ou Charles Floquet par exemple). Outre cet héritage, le nouveau parti fusionne avec plusieurs tendances rivales. C’est un assemblage hétéroclite de comités électoraux, de loges maçonniques, de sections de la Ligue des droits de l’homme, de la Ligue française de l'enseignement, dont la tendance de gauche semble majoritaire à ce moment-là.

=== Le programme politique === Le Radicalisme possède une vision spécifique de l’organisation sociale et humaine fondée sur la primauté de l’individu. Il prend sa source dans l’histoire même de la République à laquelle il est étroitement lié. La profession de foi du radicalisme est composée de cinq points : « Laïcité, Solidarité, Humanisme, Tolérance, Universalisme ».

Lors de la fondation du nouveau parti, la déclaration de clôture de ce premier congrès, lue par Camille Pelletan, servit de cheville ouvrière au programme politique revendiqué par les radicaux durant les premières années du . Cette déclaration insistait donc sur l'union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation des Églises et de l'État et la création d'un impôt égalitaire fondé sur le revenu.

Ce programme fut partiellement appliqué durant les années suivantes, profitant d'une alliance à l'Assemblée nationale, entre les socialistes (de Jean Jaurès) et les radicaux (qui mirent Émile Combes au gouvernement). Cette période fut marquée par la lutte très dure contre les congrégations religieuses dont la plupart furent expulsées.

En 1907, au congrès de Nancy, le parti adopte enfin un véritable programme politique (présenté par une commission dont le rapporteur était Édouard Herriot). Nettement ancré à gauche, confirmé par le congrès de Pau en 1913, ce programme, après quelques dépoussiérages, sera la pierre angulaire du programme politique de ce parti durant plus d'un demi-siècle.

Il prône une politique laïque et anticléricale, marquée par l’action du Président du Conseil Émile Combes (1902–1905) qui conduira aux lois de séparation des Églises et de l’État adoptées avec l'appui efficace du député socialiste Aristide Briand. Les radicaux vantent la propriété privée : ils voient en effet dans l’accession des salariés à la propriété le remède aux problèmes de la société industrielle.

Durant l’entre-deux-guerres, les idées que ce parti défend constituent un ensemble où se reconnaît une grande partie des Français. Tout d’abord, un attachement profond à la nation et au régime républicain, identifié au système parlementaire, puis une conception de la République qui intègre de manière ferme voire intransigeante la laïcité, érigée en l’un des fondements de la République, dont l’instruction dispensée par l’école est le moteur du progrès social. Le tout est mâtiné d’une conception humaniste de la société et de la politique.

=== Le Parti radical à la Belle Époque === [[Fichier:Le Radical (1911-05-15).jpg|vignette|Le Radical, fondé en 1881, est l'« organe du Parti radical et radical-socialiste » entre 1911 et 1918.]] Le courant radical puis le parti sont dominants dans la vie politique française à la Belle Époque. Les radicaux participent à tous les gouvernements à partir de 1898, puis les dirigent à partir de 1902.

Pendant cette période les radicaux appliquent une partie de leur programme économique et social : * 1905 : séparation des Églises et de l'État ; * 1906 : création du ministère du travail ; * 1906 : institution du repos dominical * 1910 : création du de retraites ouvrières et paysannes ; * 1914 : création de l'impôt progressif sur le revenu.

=== Le parti dans « l’entre-deux-guerres » ===

Le Parti radical voit son apogée durant l’entre-deux-guerres. Il pèse d’un poids considérable sur la vie politique française. Ainsi, sur les quarante-deux gouvernements qui se sont succédé durant cette période, treize sont présidés par des Radicaux (quatre gouvernements: Camille Chautemps, trois gouvernements : Édouard Daladier, Édouard Herriot, deux gouvernements : Albert Sarraut et un gouvernement : Théodore Steeg)

Son action demeure prépondérante dans le domaine de l’éducation grâce à deux de ses figures de proue : Édouard Herriot et Jean Zay. Conséquence directe de cette action, de nombreux intellectuels sont membres du parti ou sympathisants (comme le philosophe Alain).

Sur le plan interne, la vie du parti est marquée par les oppositions conflictuelles Herriot-Caillaux puis Herriot-Daladier. De plus, la constitution d’une "Gauche Radicale" au sein même du parti, mouvement regroupant les parlementaires qui rejettent la discipline de parti, marque l’ancrage progressif à gauche de ce parti parlementaire.

Mais ce qui fait la curiosité de cette période d’entre-deux-guerres, sur le plan national, c’est la volte-face politique soudaine du Parti radical au tournant des années trente.

En effet, au début des années vingt, le Parti radical prône une politique de gauche qui envisage de chasser la droite du pouvoir, de rétablir la laïcité de l’État, d’étendre les lois scolaires, de pratiquer une politique internationale de détente et de conciliation pour consolider la paix, et, enfin, de rétablir l’équilibre des finances publiques.

Avec le retour d'Édouard Herriot à la tête du parti en 1931, le Parti radical s’engage sur une voie nouvelle. Il reste, et le revendique, un parti de gauche, ce qui l’amène tout naturellement à pratiquer la "discipline républicaine", mais, au gouvernement, il se comporte en parti du "juste milieu", capable de regrouper autour de lui la majorité des Français attachée à une République traditionnelle, loin des extrêmes, qu’ils soient réactionnaires ou révolutionnaires.

D’un côté, il dirige le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), d’un autre, après avoir participé à l’élaboration et à la mise en place du Front populaire en 1936, c’est lui qui l’enterre en 1938. Mais cette politique antinomique pousse le Parti radical, lorsqu’il est au pouvoir, à l’immobilisme par la contradiction permanente entre sa majorité et sa politique. Lorsqu’il tente de sortir de cet immobilisme, les gouvernements sont aussitôt renversés. L’issue de cette paralysie politique est l’émeute du 6 février 1934 qui aboutit à la même conclusion que la panique financière de 1926 : les radicaux sont chassés du pouvoir au profit de la droite. Ils y reviennent à la faveur du Front Populaire conclu avec la SFIO et le PCF.

=== La Deuxième Guerre mondiale et l’Occupation === À la suite de la débâcle de juin 1940, la majorité des parlementaires du parti radical, comme la plupart des parlementaires, votent le les pleins pouvoirs constituants au maréchal Philippe Pétain, mais une minorité s'y oppose. Vincent Badie en particulier rédige une protestation contre la dictature qu'il prévoit. Tentant de monter sur la scène du grand Casino de Vichy où est rassemblé le Parlement, il est empêché de parler en vertu du règlement. Parmi les 80 parlementaires qui ont refusé de voter les pleins pouvoirs, on ne compte que 13 radicaux. La majorité approuve, d'autres s'abstiennent ou ne prennent pas part au vote, notamment ceux qui sont partis à bord du Massilia.

Sous l'Occupation, de nombreux radicaux sont victimes du régime de Vichy qui cherche des responsables de la défaite parmi les anciens ministres de la République. Édouard Herriot est démis de son mandat de maire de Lyon. Édouard Daladier subit le procès de Riom. Jean Zay et Maurice Sarraut seront assassinés par la Milice. Plusieurs radicaux se lancent résolument dans la Résistance, tel Jean Moulin ou Pierre Mendès France, même si une frange du parti radical apporte également son soutien à Philippe Pétain ou Pierre Laval.

=== L'après-guerre et le retour aux affaires === À la Libération, le parti est associé à la Troisième République et à son échec. Concurrencés par les centristes du MRP, les radicaux s'effondrent à 15 % des votes aux élections, dominées par les gaullistes et les communistes.

Grâce à la fondation du Rassemblement des gauches républicaines avec l'UDSR, le Parti radical redevient un pivot gouvernemental à partir de la rupture du tripartisme en mai 1947. Malgré tout, il se stabilise entre 10 et 11 % du corps électoral. Dès lors, les radicaux peuplent les cabinets ministériels et obtiennent plusieurs présidences du Conseil tout au long de la République. Ils président également toutes les assemblées de la République : Assemblée nationale (Édouard Herriot), Conseil de la République (Gaston Monnerville), Conseil économique et social (Émile Roche) et Assemblée de l'Union française (Albert Sarraut).

Parallèlement, le parti connaît de nombreuses dissensions internes. Des militants de l'aile gauche, comme Pierre Cot, fondent l'Union progressiste. À la direction du parti, le courant néo-radical (dominant depuis 1939), qui prône le rejet de l'interventionnisme, le renforcement du libéralisme et l'anticommunisme.

== Personnalités marquantes == === Présidents de la République et présidents du conseil radicaux ===

Le Parti radical a donné 2 présidents de la République (Gaston Doumergue et Paul Doumer entre 1924 et 1932) et 21 présidents du Conseil (34 gouvernements radicaux entre 1885 et 1958).

;Présidents de la République : * Gaston Doumergue du 13 juin 1924 au 13 juin 1931 * Paul Doumer du 13 juin 1931 au 7 mai 1932 (assassiné)

;Présidents du Conseil : * 1. Henri Brisson I : du 06/04/1885 au 07/01/1886 * 2. Charles Floquet : du 03/04/1888 au 22/02/1889 * 3. Léon Bourgeois : du 01/11/1895 au 29/04/1896 * 4. Henri Brisson II : du 28/06/1898 au 30/10/1898 * 5. Émile Combes : du 07/06/1902 au 24/01/1905 * 6. Ferdinand Sarrien : du 14/03/1906 au 25/10/1906 * 7. Georges Clemenceau I : du 25/10/1906 au 24/07/1909 * 8. Ernest Monis : du 02/03/1911 au 27/06/1911 * 9. Joseph Caillaux : du 27/06/1911 au 14/01/1912 * 10. Gaston Doumergue I : du 09/12/1913 au 03/06/1914 * 11. Georges Clemenceau II : du 16/11/1917 au 18/01/1920 * 12. Édouard Herriot I : du 14/06/1924 au 17/04/1925 * 13. Édouard Herriot II : du 19/07/1926 au 23/07/1926 * 14. Camille Chautemps I : du 21/02/1930 au 25/02/1930 * 15. Théodore Steeg : du 13/12/1930 au 30/01/1931 * 16. Édouard Herriot III : du 03/06/1932 au 14/12/1932 * 17. Édouard Daladier I : du 29/01/1933 au 26/10/1933 * 18. Albert Sarraut I : du 26/10/1933 au 23/11/1933 * 19. Camille Chautemps II : du 26/11/1933 au 27/01/1934 * 20. Édouard Daladier II : du 30/01/1934 au 09/02/1934 * 21. Gaston Doumergue II : du 09/02/1934 au 08/11/1934 * 22. Albert Sarraut II : du 24/01/1936 au 04/06/1936 * 23. Camille Chautemps III : du 22/06/1937 au 10/03/1938 * 24. Édouard Daladier III : du 10/04/1938 au 20/03/1940 * 25. André Marie : du 26/07/1948 au 05/09/1948 * 26. Henri Queuille I : du 11/09/1948 au 28/10/1949 * 27. Henri Queuille II : du 02/07/1950 au 12/07/1950 * 28. Henri Queuille III : du 13/03/1951 au 11/08/1951 * 29. Edgar Faure I : du 20/01/1952 au 08/03/1952 * 30. René Mayer : du 08/01/1953 au 28/06/1953 * 31. Pierre Mendès France : du 19/06/1954 au 23/02/1955 * 32. Edgar Faure II : du 23/02/1955 au 01/02/1956 * 33. M. Bourgès-Maunoury : du 13/06/1957 au 06/11/1957 * 34. Félix Gaillard : du 06/11/1957 au 14/05/1958

=== Autres personnalités === * Alain (Émile Chartier) * Cécile Brunschvicg * Ferdinand Buisson * Gratien Candace * Charles Chaumet * Étienne Clémentel * Pierre Cot * Jean-Paul David * Michel Durafour * Jean-Baptiste Laumond * Paul Doumer * Robert Fabre * Jos Jullien * Guy La Chambre * Constant Lecœur * Gaston Monnerville * Jean Moulin * Camille Pelletan * Stephen Pichon * Gaston Riou * Jean-Jacques Servan-Schreiber * Jean Zay

== Notes et références ==

== Voir aussi == === Bibliographie === * . * . * . * . * . * . * . * . * , . * * .

=== Articles connexes === * Parti radical valoisien * Parti radical de gauche * Parti radical (dans les différents pays) * Radicalisme

=== Liens externes === * [http://www.partiradical.net/ Parti radical valoisien] * [http://www.planeteradicale.org/ Parti radical de gauche]

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